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  • : Le tour du monde selon st James
  • : Blog a forte portee pedagogique et resolument incorrecte James et son tour du monde
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:29

 

Bon ca fait deux semaines que j'ai quitté la Bolivie, en fait je suis à Cusco dans un petit café avec un expresso et deux pains au chocolat. 

Je suis à un moment du voyage ou j'ai envie de me poser, trop d'émotions peut être, mais non j'en ai jamais assez. J'étais parti de Sucré dans l'idée de me reposer un peu en tout cas d'avoir une vie un peu plus saine et de retrouver un peu le contact avec la nature. Me vient une question pourquoi ai je choisit LaPaz, je me demande bien.

J'arrive donc à Lapaz en avion, impossible de prendre le bus à nouveau. Mais le paysage vue d'en haut est magnifique, l'avion survole toute la cordelière. La ville est encaissée dans une vallée et dominée par des sommets à plus de 6000 m (dont le mont Huyani Potosi) qui achèvent les perspectives. 

Le point de repère à Lapaz c'est l'église de San Fransisco. 
Delà grimpent les rues qui débouchent sur les mercados ou les endroits plus touristiques mais tout aussi voués à l'achalandage des Boliviens. Les rues sont spécialisées à un type de commerce : l'électronique, les fringues, les coiffeurs... les peintures dont les affiches arborent une fille à moitié nue avec son pot, à l'instar des journaux de voitures pour kéké qui montrent une fille en talon aiguille assise sur le capot de la voiture. C'est juste une hypothèse, mais à confirmer : le bolivien de base doit penser que si il repeint sa maison avec la peinture en question il aura la fille comme accessoire.

C'est plaisant d'arpenter les quartiers, petites pauses au mercado pour un super jus de fruit à 3 Bolivianos (0,30€), ou dans la rue pour un hotdog plus épicés. Bref une ville agréable pour celui qui tente de s'immerger dans le quotidien des Boliviens.

Entre temps, visite de Tiwanaku, civilisation qui aurait été inspirée, voir aurait vu débarquer les extraterrestres qui leur auraient expliqué comment monter un mur. Cette théorie est à prendre avec des pincettes. Néanmoins, Hergé se serait largement inspiré de cette civilisation dans plusieurs épisode de Tintin dont le Temple du soleil.

Puis départ pour le mont Potosi, puis retour au bout de trois jours. Je reviens éclaté et surtout avec l'envie de me reposer. Mais ce que j'attends c'est le festival du Poder (dédié au grand tout puissant). Toutes les communautés, les corporations se rejoignent pour un défilé haut en couleur. Les Boliviens sont sagement assis sur les sièges pour admirer les défilés, il y a un monde dingue. Cela a commencé ce matin vers 8 heures, trompettes et grosses caisses raisonnent dans toute la ville et se terminera à minuit.

Enjoy....

Bolivie-Lapaz-Poder-114

Dur de reprendre la route, j'ai l'impression d'avoir laissé une partie de moi-même dans ce périple, c'est pourquoi j'ai aussi envie de quitter rapidement la Bolivie pour le Pérou et de reprendre mon souffle... direction le lac Titikaka, Puno, Cusco, Ariquipa, Nasca et peut être … peut être à nouveau l'aventure au fin fond de l'Amazonie... mais rien n'est jamais sur en Amérique du sud...

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 00:07

Bon, l'ascension du mont Huayna potosi dans le guide ils avaient marqué plaisante ballade au pieds d'une des montagnettes surplombant Lapaz.

...Nous nous arrivons au bout du chemin de terre qui mène au premier refuge en voiture à 4700m.

Nous collons dans nos sacs à dos, crampons, chaussures, piolets, duvet, pilules contre le mal d'altitude, une chtite cannette de red bull, quelques barres au chocolat. Au total 12kg. Eh bien ce qui pourrait être une petite balade de santé voir une baladounette se transforme vite en calvaire. Même si l'énergie est là, grimper un chemin qui plus est avec 12 kilos dans le dos, demande un effort incroyable à 5000m. En mon fort intérieur je me dit que je vais vraiment en chier. Le premier tronçon est plié en 4h, nous comptons comme même la perte de Fiona qui n'a pas supporté l'altitude et a du redescendre.

Le dernier refuge est à 5330m, il est 17h, nous sommes heureux d'être à l'avant dernier poste. Une soupe et des pâtes composent essentiellement le diner. 17h30 nous nous allongeons dans les duvets, claqués. Il faut dormir absolument et récupérer car demain pour avoir les meilleurs conditions, il va falloir décoller à 2h du mat.

19h30 je lève une paupière, impossible de dormir. J'entends mon cœur qui bat à fond au moins du 70 bit/mn, difficile de respirer aussi. Le manque d'air me maintien dans un état de stress. Je me retourne plusieurs fois, 22h28, 0h12, tain de merde j'ai pas fermé l'œil de la nuit et il est une heure du mat. Les guides se lèvent et prépare un petit maté (the à base de feuilles de coca) pour tout le monde. Nous nous équipons. Je met un teeshirt, un vêtement thermique, une polaire, mon jumper en alpaga, l'anorak, mon écharpe, mon bonnet en poils de lama, ma lampe frontale, le harnais, les chaussures (qui sont rigides et ressemblent à des chaussures de ski) les guêtres. J'allais oublier les sous gants et les gants. Et merde j'ai oublié le caleçon long, tain faut que je redéfasse tout. Les guêtres, les chaussures, le harnais, l'anorak, la combinaison....

30mn plus tard je suis d'attaque, paré comme un père Noël : En Rouge Et Noir, j'exilerai ma peur ; J'irai plus haut que ces montagnes de douleur.

Avant de passer sur le glacier, nous mettons les crampons, Francis et Philippe sont encordés avec le guide Felix et je suis encordé avec Mario. Dès le premier cent mètres je sent que ça va être super hard, le manque d'air m'arrête tout les 10m, j'ai besoin d'une pause pour reprendre mon souffle, mais pas plus de 5mn car sinon le froid pénètre dans les vêtements, il faut rapidement reprendre la route pour se réchauffer. Plus on avance plus ca se verticalise.

5860 m 20 pas, j'ai le souffle coupé. J'ai le bout des doigts qui s'insensibilisent avec le froid. La fatigue commence sérieusement à se sentir et il reste le plus dur à faire, car maintenant c'est un mur jusqu'au sommet qu'il faut franchir. Dans ma tête je rythme mes pas, un coup de piolet, puis les pieds un deux trois quatre. Je reprend mon souffle, un coup de piolet, un deux trois quatre. C'est lent mais la distance diminue peu à peu, Je commence à avoir des crampes, mais la victoire est à porté je suis à 6012m. On arrive sur la crête, le vent souffle et refroidit tout ce qui est à l'air libre. Prendre un photo est un véritable challenge.

6h30, victoire. Nous atteignons le sommet.6088 m.Bolivie-Huayna potosi 1677

Juste le temps de faire quelques photos, au sud Lapaz illuminée, le lac Titicaca à l'ouest, à l'est une mer de nuage couvre la vallée, au fond au sud le samaja. 

Le soleil se lève.

Il est temps de redescendre.

 

Bolivie-Huayna potosi 1678

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 02:42

Bolivie-lapaz-pano2

Mais avant de vous répondre sur cette question essentielle monumentale, environnementale, nazale, un petit point pause s'impose.

J'étais resté dans un but à Sucré, me reposer, résultat j'en sort encore plus fatigué que jamais, malade comme un chien.

Tout d'abord j'ai pris des cours à Sucré avec une petite école sympas Fenix, puis mes comparses du Tinku s'en sont allés au vent mauvais, me laissant avec le plus subversif de mes potes Thomas.

Merci Thomas pour m'avoir embarquer dans les lieux de débauche de Sucré, sympas vraiment, vous me connaissez je suis pas du genre à aller dans les boites de nuits hyper chaudes comme ça, faut vraiment me pousser avec mon éducation judéo-cretiennes. Bref quelques nuits au Joy ride et au Mitos ont eu raison de ma volonté.

Mais à ma décharge, je n'ai fait que mon travail, ce n'était que dans un but purement professionnel, que serait-ce un explorateur sans gouter les produits locaux. Bref un rythme d'enfer, couché 6h levé 12h tout ça pour étudier la vie nocturne.

J'arrive donc à Lapaz, un peu crevé, un peu malade dans le but d'explorer les environs petits pas tapons. Je prend direct rendez vous chez le docteur, pour d'une part soigner une grosse angine et d'autre part pour faire un check complet de mon body suite à l'accident de bus. Bon eh bien fallait bien ça, puisque je découvre que j'ai une cote de pétée vu sur la radio. Mais pour le coup rien à faire, ce qui me fait le plus chier c'est l'angine qui veut pas se barrer et qui m'empêche de respirer normalement. Je passe d'ailleurs deux sales nuits à suffoquer, je vous rappelle Lapaz c'est à 4000m en plus ma cote m'empêche de prendre de profondes respirations. De plus pour couronner le tout une des nanas du dortoirs fait un rêve érotique et pousse des gémissements à faire bander un sourd, bref je dort pas de la nuit.

Bon vous savez quoi j'ai pas pris de photos de Sucre ou peu, pas l'envie, y avait relâche. Finalement, sucré c'est bien pour faire la fête, mais y a pas matière; ca vibre pas, par contre, Lapaz, tu sens que c'est pas là que tu vas t'éclater, en revanche pour l'urban trecker que je suis aussi, tain là y a matière, le seul hic, c'est que t'as l'impression que tout le monde reluque ton appareil photo. Derrière l'église de San Francisco y tout un marché qui s'étend sur un quartier, ca grouille, ca magouille, ca tambouille. Je vais m'en occuper, mais j'ai autre chose en tête.

Bref je me suis assis dans un café j'ai sortie mon carnet, j'ai révisé mon espagnol, et j'ai pris un irish café pour me donner des forces. Car demain je me lève à l'aube pour attaquer mon premier sommet à plus de 6000m.

Bolivie-lapaz-mont-potosi

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 04:58

Pensez vous qu'il est encore possible de pratiquer le sacrifice humain, pensez vous qu'il est encore possible que le sang coule pour Pachamama, pensez vous qu'il est encore possible de voir une des plus anciennes traditions précolombiennes.

Une chance unique nous est donnée d'assister à une des cérémonie les plus stupéfiantes et des plus ancestrales de Bolivie : le Tinku.
Le Tinku est une fête annuelle ayant lieu du 2 au 5 Mai où les peuples indiens honorent Pachamama (mother earth) en versant le sang en vue d'obtenir de bonnes récoltes mais c'est aussi l'occasion de règlements de comptes entre village.

Cette manifestions à lieu au nord de potosi et se déroule sur trois jours, le dernier jours l'ensemble des communautés converge vers Macha pour une des rencontres des plus violentes. Une communauté a coté du petit village de Santiago de Bombori, nous accueille pour ce premier jour de célébration.

Nous sommes au couché du soleil et deux Lamas sont sacrifiés et préparés, les hôtes nous peinturent du sang du Lama sur le visage pour nous honorer et nous donner de la force. 
Nous sentons instantanément qu'il faudra oublier le 4 étoiles car ca va être super roots. Plus tard, impossible d'échapper aux dons de nourriture car ce serait d'une extrême impolitesse, nous tendons nos mains jointes pour recevoir le plat le plus important, du mais des pois et des morceaux du cœur du lama...cru et fraichement sacrifié. Heureusement il fait déjà nuit... Bolivie-Tinku-009
Next , une soupe à base de viande, de mais of course et de pomme de terre dont la méthode de cuisson est assez inédite. Ils plongent des pierres brulantes dans la mixture, ce qui chauffe la soupe et l'assaisonne par la même occasion d'un goût de cendre et de pierre.
Next : la chicha, l'alcool local, un alcool à base de … je vous laisse deviner de mais again. La tradition veut que les femmes mâchent le mais et le recrache dans des pots pour le laisser fermenter. Heureusement, ils ont remplacé la salive par le sucre, mais ils sont une cinquantaine et il y a huit jarre d'au moins 50 litres qu'ils doivent liquider en 3 jours.

Place aux danses, au milieu, un pot de chicha, autour les hommes tournent en rond sur la musique répétitive, lancinante et hypnotique des zampoñas (flûte de pan) puis au son des charangos (petite guitare à dix cordes). Les hommes s'enivrent de musiques et d'alcool et tourne en tapant des pieds pour appeler Pachamama.
Bien sur Jésus et la sainte trinité font leur apparition dans la célébration vers minuit : l'heure pour nous d'offrir des présents comme des sachets de feuilles de coca, cigarettes ou de Puro (alcool à 90°). Nous sommes présentés un à un à notre hôte dans un instant des plus solennels qui s'accompagne d'une coupe de chicha. Chacun fait connaissance. Flute, danse, chicha, puis chicha puis danse puis chicha puis flute puis danse..

Crevé il est temps de regagner notre bercail. Notre gite est un piaule de trois mètres sur trois, une grange à outils, couvert pour l'occasion de quelques tapis pour nous isoler de la terre. Nous sommes neuf à nous entasser les uns sur les autres ce qui est un moindre de mal parce que dehors il fait bien en dessous de zéro.

Réveil, tidej, chicha, nous embarquons pour un autre village ou les communautés se réunissent à l'église pour obtenir leur bénédiction. A l'honneur danse, musique, alcool. Au fils des heures l'ivresse gagne crescendo. En fin d'après midi nous rejoignons Macha, une ville composée de quatre barres de maison encadrant une place centrale. Le soir, les premiers arrivants font le tour de la place en musique tout en tapant des pieds puis s'organisent en ronde.

Bolivie-Tinku-058Le lendemain, les choses sérieuses commencent. Je me suis levé tôt, je suis dans la rue, il est 7h30, des cercles se sont déjà formés et des combattants s'affrontent à points nus. La police régule les combats de façons à ce que ca dégénèrent pas trop, en utilisant de temps en temps des coups de fouet et des gaz lacrymogènes.
Les combats sont pour l'instant à un contre un, deux personnes émergent du cercle et se provoquent puis s'affrontent.
Vers 11h une accalmie, les policiers se sont retirés dans leur bureau. Des plus en plus de villages arrivent, font le tour de la place, dansent, boivent jusqu'à l'excès. Des cercles se forment au centre duquel les femmes prennent place pour chanter le huayños tandis que les hommes tournent autour d’elles en martelant le sol en cadence.
15h les tensions reprennent les participants sont complètement ivres et maintenant s'affrontent par groupe dans le chaos général le plus total. J'assiste même à des scènes de femmes qui se battent entre elles.
16H15 un homme s'effondre à nos pieds le visage tuméfié et dégoulinant de sang. Nous avertissons la police pour évacuer le gars au centre médical. Celle-ci ne trouve rien de mieux à faire que de balancer de la lacrymo pour écarter les gens. Le pauvre gars en prend plein la gueule. Au centre médical, le médecin nous précise que c'est une année calme et qu'il y a pas encore eu de morts.

Il est maintenant tard, les gens sont déchainés et se battent maintenant à coup de pierres en bataille rangée. On assiste à une véritable guerre de territoire dans les rues dont l'objectif est au pieds du clocher en haut duquel je me situe. C'est une suite incessante de flux et de reflux puis de lacrymogène et de dispersion puis à nouveau la place se noircit de monde...et c'est reparti pour un tour. Des gens sont étendus au sol, mais j'ai du mal à savoir s'ils sont vraiment ko ou bien s'ils sont ivres. Le centre médicalisé affiche complet et des zombies commencent à hanter les rues ensanglantés, hagards et anesthésiés par l'alcool.

Bolivie-Tinku-086

Les restes de la troupe s'est barricadé derrière des plaques de taules pour éviter les projections de pierres. Nous regagnons notre gite, galvanisé et en proie à la fatigue. Le Tinku nous a épuisé nerveusement, nous sommes plusieurs à vouloir prendre des vacances à Sucre.

Au Tinku, aucun homme ne craint la mort, c’est le sacrifice le plus noble pour un indien quechua car son sang abreuve Pachamama et apporte richesse à sa famille.

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 23:34

Bolivie-potosi-004

Ami lecteur tu penses, j'ai fait le tour des grosses sensations et bien cale toi bien dans ton fauteuil et prend ton mouchoir car j'en ai pas fini avec toi.

Apres une journée que nous passons pour la cause administrative chez les cops et à l'hosto, John part pour santiago pour se faire poser des broches pour son bras cassé, Olly et moi sous traitement à l'ibuprophene décidons de prendre un taxi pour Potosi. Pas envie de prendre le bus.

Potosi, c'est une ville à 4000m d'altitude autant vous dire que les efforts sont extrêmes à cette hauteur. La ville est plutôt agréable, architecture baroque, potites rues, potits hotels, potites gargotes c'est potisi. Ce qui est vraiment intéressant à Potosi c'est les mines d'argents. L'exploitation a commencé avec l'arrivée des Espagnols et continue encore aujourd'hui.

Nous nous équipons avec casque, bottes, pantalons et veste de mineur. Notre casque est équipé d'une lampe. Pedro notre guide est un ancien mineur, qui aime faire visiter une mine de sa famille toujours en exploitation.
C'est une mine perchée à 4150m, durant le trajet nous avons tous pris notre dose de coca et avons acheté pour les mineur de la dynamite, de l'alcool et bien sur un sachet de feuille de coca. Après nous avoir présenter le traitement des minerais d'argent nous pénétrons enfin dans la mine. Celle-ci s'étage sur 80m de profondeur et sur 6 niveaux.
Le couloir d'entrés fait un 2m de haut, il est parcourus par des rails et des tuyaux d'aération.

L'atmosphère se fait de plus en plus oppressante à mesure que l'on avance, moins de lumière mais surtout toujours plus de poussières ce qui rend avec l'altitude la respiration d'autant plus difficile. Bientôt nous sommes rejoint par l'équipe qui s'occupe de remonter le minerai, ils avancent dans des petits wagons motorisés à l'électricité. Parfois le plafond n'est plus qu'a un mettre, nous mettre à genoux et crapahuter comme demande un effort physique important d'autant plus qu'il n'y a plus d'air, nous avons couvert, nos visages de foulard de façon à se protéger de la poussière

Le couloir se fait de plus en plus petit, on doit passer bientôt au 4ieme niveau, mais pour cela il faut descendre dans un boyau pas plus grand de 80cm et ce sur 15 m. Le seul moyen de passer est de ramper.
Tu te dis tout bonnement « putain pourvu que le plafond ne s'effondre pas », surtout qu'il n'existe aucun étayage. Je regarde devant, surtout ne pas penser à cet espace si réduit, ne pas penser, au bout de 15m, on se redresse dans une salle un peu plus grande. Je suis au bord de l'asphyxie mais surtout de péter les plombs. Je me raisonne à mort pour ne pas céder à la panique et essai tant bien que mal de reprendre mon souffle. Je me revois entrain d'étouffer dans l'accident. J'arrête le guide deux secondes pour que nous puissions récupérer.
Après un exercice de relaxation et quelques feuilles de coca, nous reprenons notre route pour aboutir dans une excavation ou deux mineurs extraient le minerai. Nous leur offrons quelques sachets de feuilles de coca et de la dynamite et entamons la discussion. Quelques irréductibles tentent de faire leur boulot, mais sont à genoux au bout de 5 mn.
Un temps de repos nécessaire pour reprendre à nouveau des forces. Reste deux niveaux à voir, tain j'espère simplement que le plus dur est fait... mais non.

Pour descendre au 6ieme niveau il faut emprunter un puit pas plus large que le corps d'un homme, je suis obligé de retirer mon sac pour passer dans le conduit, mes deux épaules touchent le bord, ensuite il faut basculer la tête en bas pour ramper sur 10m. J'ai retiré le foulard pour mieux respirer, des odeurs particulières circulent dans la mine, l'odeur du minerai, l'odeur de la dynamite et l'odeur de la feuille de coca.  J'arrive dans un espace où le guide nous attend assis, pas moyen de se mettre debout. Là un mineur creuse à l'aide d'une barre à mine un trou pour insérer la dynamite. Le boulot de dingue. Il nous serait impossible de mener un tel effort. D'ailleurs, ils sont toujours entrain de mâcher de la coca. Ils y descendent pendant 8 heures, ne font qu'une pause de 1h, mais n'ont pas le temps remonter prendre l'air. Nous lui fournissons la dynamite restante. 

Un peu plus loin dans un espace encore plus réduit, un mineur fait un pause et se recharge en coca. Le temps de taper la discute sur ses conditions de travail. Il ne se plaint pas, il est mieux payer que la moyenne, de 2000 à 8000 Bolivianos par mois (de 200 à 800 euros), possèdent une protection sociale. Ils travaillent en générale pour une coopérative. Le mec est tranquille seulement allongé dans un espace de 50 centimètres de haut et engloutit toutes les 15 secondes une feuille de coca dans le bouche.

Ça fait 4 heures que l'on circule dans la mine, il est temps de remonter. 

Bientôt la lumière et l'air libre et l'histoire incroyable des rats de Potosi.

 

Bolivie-potosi-027

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 16:13

Je reprend conscience, je vois à peine le jour dans ce nuage de poussière, j'ai du sang qui coule sur mes mains et le long de ma tempe, j'ai l'impression qu'une barre à mine traverse mon dos de part en part. A quoi je pense à ce moment là ? je me demande si les corps qui sont tombés au dessus de moi vont vite calter de là avant que je crève d'étouffement ou que le bus prenne feu.

 

La veille :

« Potosi !! potosiiiiiii !!! », à peine débarqués des 4x4, des représentants d'agence de voyages nous épinglent de leur voies stridentes pour nous refourguer des tickets pour notre prochaine destination : « Potosi » . Nous ne resterons qu'une soirée sur Uyuni et demain nous enchainerons avec un bus à destination Potosi.

Notre petit groupe de 6 s'agrandit au passage d'autres backpacker et finalement nous arrivons à une dizaine dans l'hotel Dairson pour négocier un prix toute concurrence, le soir nous nous retrouvons pour une pizza et finissons tous au fun extrême, un bar un peu lounge, sympa ou les tenanciers diffusent de la musique de tout type de Audioslave au Gispsy king. Au menu Mojito à base de feuilles de coca, Cachassa et discussion autour de la crise financière, capitalisme ou socialisme, fille en string ou en boxer ?

Le lendemain, 9h30 nous embarquons dans l'autobus.
9h40 chacun s'équipe de son mp3, les touristes sont regroupés dans un même espace. Parmi les Boliviens des familles et des petits gamins de 6-8 ans, nous faisons plusieurs arrêts pour prendre des boliviens qui n'ont d'autres choix de s'assoir dans le couloir du milieu.
10h15, j'ironise sur la façon dont conduit le conducteur, assez vite ce qui tranche avec notre ancien chauffeur, Mister Thomas me souligne d'ailleurs qu'à plusieurs reprises on est pas passé loin du ravin.
10h25, mon Ipod diffuse Cyberfreak de Treponempal
10h26, j'attaque la page 127 de « La route »
10h27, nous passons sur une voie en cours de réfection, le conducteur ne décélère pas.
10h31, il s'engage dans une chicane .Le bus entre dans le virage à gauche et s'embarque un peu trop puis le chauffeur tente de le ramener à droite mais le chassie s'écrase sur l'avant gauche du à l'effet d'inertie. Le bus bascule violemment et s'écrase en pleine vitesse sur son même flan. Assis à droite je suis projeté sur le coté opposé.

Ça ne dure qu'une demi seconde, j'ai pas le temps de m'accrocher au siège avant.

D'abord la stupeur puis les premiers cris, heureusement, le bus est très vite évacué. Je me relève, j'ai l'impression que ma colonne a été passé au broyeur, tout a fait conscient j'aide les autres hommes, femmes et enfants à sortir du bus.
Tandis que certain récupère les affaires dans le bus , ceux secouristes (surtout nous les touristes) organisent à l'aide des valides les premiers soins. Malgré nos attentions les Boliviens font bandes à part. Les secours sont rapidement appelés par notamment les gens du chantier. Mais de secours il ne s'agit que de 4x4 non médicalisé pour un sauvetage genre pick and go.

Parmi nos blessés, John qui était du coté gauche et qui a sérieusement mal au bras, Olly qui était derrière le chauffeur ainsi que plusieurs autres dont shawn ont du fait des éclats de verre maintes coupures au bras et aux corps. Plusieurs autres ont des plaies superficielles et saignent.
Difficile de faire le constat coté Bolivien, et d'ailleurs je ne suis plus tout a fait apte à réfléchir depuis 2 mn j'ai la vue qui se brouille, je ne comprend plus ce qu'on me raconte, je ne sais plus ou est ma gauche et ma droite, ni lire, ni écrire et j'ai furieusement mal à la colonne.

On est trois a être évacués sur l'hôpital de Uyuni le reste sur potosi

On est amené dans une chambre, Olly est rapidement pris en charge, John est sous traitement mais il grimace comme un jaune d'œuf sur une plaque de cuisson. Pour ma part j'ai l'impression qu'ils ne savent pas quoi, heureusement Olly se fait le parfait traducteur en espagnol de mon anglais. Une piqure plus tard ils me collent en observation pour la nuit.

Je me demande si mon état va perdurer auquel cas je me prépare à rentrer illico dans mon pays d'orige et ca j'en ai pas très envie, mais surtout j'ai pas très envie de rester dans cette état. 
Le lendemain pendant que John est emmené à la radio, je constate que j'ai retrouvé une part de mes facultés : je peux enfin regarder à la télé les Simson en Bolivien. On progresse j'ai au moins le QI d'une amibe.

J'en profite pour sortir de la chambre, je pousse la porte et pénètre dans une lumière aveuglante... étonnement, consternation et soupir, j'ai déja rencard avec Dieu ou quoi ? : « Euh gamin, j'ai école là tu peux pas me faire ca maintenant chuis trop jeune !!!! »

Non je suis juste dehors au milieu du désert, le reste du bâtiment est en cours de construction...

 

Acc_0484.jpg

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 21:02

San pedro 7h du mat, pas eu le temps de prendre mon petit dèj. Il fait beau. J'attends devant l'agence avec quelques autres pour embarquer dans deux 4x4.

La fine équipe du starship C'est une équipe internationale triée sur le volet parmi les meilleurs, la crème des crèmes, le top du top: Thomas (FR), shawn (US), john (UK), kristen (AUS) un couple de brésilien, des allemands, des anglaises...

Au programme 4 jours de traverser du plus grand salar, tiens j'aurais jurer que vous vous attendiez à un calembour.

Après une heure d'attente au passage de frontière Chilien, nous longeons le licancabur qui culmine à 6000m pour arriver au poste frontière de la Bolivie.

La journée se poursuit sur une superbe lagune verte, puis blanche, puis rouge, puis des geysers, puis des kilomètres de paysages désertiques, fantastiques pour finir à la fin de la journée dans une petite auberge. Sac de couchage et 5 couvertures de rigueurs pour passer la nuit dans de bonnes conditions. A 4000m il fait super froid la nuit.

Poursuite de notre route sur d'autres lagunes tout aussi hallucinantes. Les lamas et les vigognes nous regardent passer interloqués, indignés tandis que les flamants roses pèchent la crevette dans les lagunes.

Nous reprenons la route toujours plus vers le nord pour atteindre les lagunes de l'altiplano,le salar de chiguna

ainsi que de curieuses formations rocheuses.

Le soir nous faisons un stop dans un hôtel tout en sel, nous ouvrons nos premières bouteilles de vin, ce qui ne manque pas de nous achever. Demain levé à 5h du mat pour le sunrise sur le salar de Uyuni.

 Bolivie-salar uyuni -019

Le soleil rougit l'horizon, une étendu à perte de vue d'un sol craquelé, dur et blanc comme de la glace, des volcans, des montagnes qui émergent comme des iles d'un paysages de science fiction.

Nous sommes perdu sur une planète à des milliards de kilomètres de la terre et il n'y a personne pour nous sauver...

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